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Questions fréquentes | |||||||||||||||||||||||||
Les premières années de la vie de l’être humain sont décisives.
La fondation « Amigos de la Vida », AMI, est une organisation qui contribue à créer des conditions de respect des processus vitaux du développement humain. Elle met l’accent sur la capacité des enfants à se construire eux-mêmes et sur la capacité des adultes à changer d’attitude afin d’offrir aux enfants l’opportunité de fonder une base solide pour leur vie future. Grâce à notre expérience concrète de la prise en charge adéquate des enfants dans leur vie de tous les jours, nous apportons aussi notre réflexion à la recherche sur la petite enfance. L’activité principale de la fondation AMI est de diriger et de soutenir le projet “Nuestro Hogar”. « Nuestro Hogar » est un lieu préparé avec soin pour accueillir des enfants (filles et garçons de 0 à 4 ans) abandonnés, maltraités ou orphelins. « Nuestro Hogar » offre aux enfants un lieu calme où ils se sentent en sécurité, respectés, acceptés et aimés. La Fondation AMI s’occupe aussi de la réinsertion des enfants dans leur famille et aide ces dernières à se réintégrer dans la société. A « Nuestro Hogar », les adultes qui s’occupent des enfants le font avec beaucoup d’attention. Ils essaient de les comprendre, ils s’occupent d’eux avec tendresse. Ils suivent toutes les étapes de leur développement, prennent en compte le rythme de chaque enfant, respectent ses sentiments, ses goûts et ses besoins. 1) Quel âge ont les enfants accueillis ? Ils ont de 0 à 4 ans. Au départ, « Nuestro Hogar » avait été créé pour la petite enfance mais, en fonction des situations, les enfants peuvent rester un peu au-delà, parfois jusqu’à 4 ans. 2) Il y a beaucoup d'institutions qui s'occupent d’enfants abandonnés, maltraités ou orphelins, en quoi AMI est-il différent des autres? Notre travail repose sur les principes suivants : 1) S'occuper des enfants sans les juger, sans les conditionner sans exercer de pression sur eux 2) Favoriser la satisfaction de leurs besoins sensoriels, moteurs et affectifs. 3) Créer et maintenir un environnement serein et adapté à leurs besoins afin qu’ils puissent retrouver la santé et la joie de vivre. Il ne suffit pas d’être patient pour s'occuper des enfants car, quand on perd patience et qu’on ne peut plus les supporter, il peut arriver qu’on les maltraite. Le plus important est d’apprendre à les connaître, à les comprendre et à prendre en compte tout ce qu’ils ressentent. Ici, nous apprenons à reconnaître si un enfant est triste, ne se sent pas bien ou s’il souffre physiquement. C’est ce qui guide notre travail qui n’est pas une oeuvre de charité mais une prise en charge des enfants et de leurs familles pour qu’ils retrouvent leur dignité. Nos premiers objectifs sont la réinsertion de l’enfant dans sa famille et la réintégration de celle-ci dans la société. Cette approche nous semble fondamentale. Tout en aidant l’enfant à se reconstruire, nous favorisons la réintégration sociale de chaque membre de sa famille. Nous continuons aussi à suivre les familles après le retour des enfants car, souvent, ce sont des familles qui ont beaucoup de difficultés personnelles et sociales. Certaines personnes ont besoin d'un accompagnement professionnel avant de pouvoir prendre eux-mêmes des décisions importantes et de faire l'effort de restructurer leur vie. Nous prenons le temps nécessaire à chacun et les aidons tout en les respectant. 3) Est-ce que vous traitez les enfants de cette façon parce que vous pensez qu’ils sont « différents » ou méritent-ils un traitement spécial parce qu’ils ont beaucoup souffert ? Tous les enfants méritent le respect. Leurs sentiments, leur façon de s’exprimer et leurs besoins doivent être pris en considération. Ils ont besoin de se sentir acceptés, aimés et qu’on s’occupe d’eux avec tendresse dans un environnement adapté à leurs besoins sensoriels et moteurs. C'est ce que nous leur offrons à « Nuestro Hogar ». 4) Donc, vous voulez que les enfants récupèrent pour pouvoir ensuite les traiter « normalement »? Un enfant abandonné ou maltraité est très triste et devient rapidement malade. Sa récupération n’est possible que dans un milieu où il se sent aimé et respecté. Il faut lui offrir la sécurité, la compréhension et la tendresse et lui donner la chance de découvrir qu’il a, lui aussi, d’immenses capacités personnelles. Il va ainsi avoir de plus en plus confiance en lui. Il arrivera à prendre conscience de ses difficultés et de sa tristesse. La coexistence harmonieuse à « Nuestro Hogar » l’aidera à retrouver ses repères et à découvrir qu’il est capable de prendre sa situation en main. Nous avons constaté chez tous les enfants qui rejoignent leur famille que ces repères de la vie de tous les jours vont constituer un socle pour leur vie future, la garantie qu'ils pourront ensuite s'adapter à n'importe quel milieu. S’il a été bien traité, l'enfant pourra rendre ce qu’il a reçu même dans les circonstances les plus difficiles, il saura chercher les meilleures solutions avec beaucoup d'intelligence et de générosité. 5) Quel est le rôle des adultes qui s'occupent des enfants dans cet environnement ? Leur rôle est très important. Ils doivent d’abord organiser l’environnement pour qu’il ait toutes les qualités nécessaires à l’accueil des enfants et qu’il ne présente aucun danger. Ils apportent beaucoup d’attention et d’affection aux enfants. Ils aident l’enfant à devenir autonome dans ses activités sensitivo-motrices sans les conditionner, sans exercer de pression et sans chantage. Ils cherchent toujours à mettre en valeur les capacités des enfants à progresser eux-mêmes, ils leur donnent l'opportunité de s'exprimer, ils essaient toujours de les comprendre. Ils veillent aussi à leur santé. Enfin, ils mettent à jour les observations sur le développement des enfants. 6) Les enfants peuvent faire ce qu’ils veulent, n’est-ce pas un peu trop anarchique ? « Nuestro Hogar » est un lieu de vie où les enfants trouvent les moyens et les ressources nécessaires à la satisfaction de leurs besoins sensitivo-moteurs et affectifs. Un environnement approprié à l’enfant pour son développement ne nécessite que quelques règles claires et simples comme par exemple : ne pas agresser les autres enfants, remettre les jouets à leur place, se laver les mains avant de manger. Ce sont des principes simples mais très importants pour une coexistence harmonieuse. Un enfant se sent en sécurité et aimé quand on ne lui permet pas de faire “n'importe quoi” et que les limites sont fermes tout en étant affectueuses et sans punition. Afin de nous occuper des enfants avec dignité, nous nous laissons guider par les situations de la vie de tous les jours. Nous savons que quand un enfant se comporte mal, c’est qu’il souffre, qu’il y a quelque chose que le met mal à l’aise. Nous essayons alors de le comprendre, de l’aider et, s’il le permet, de lui apporter le contact physique et l’affection dont il a besoin. 7) Quelles qualifications ont les personnes qui s'occupent des enfants à « Nuestro Hogar » ? Quelle formation ont-elles reçues ? Elles ont toutes le baccalauréat. Ce sont des personnes qui s’intéressent aux enfants et qui ont l'ouverture d'esprit nécessaire à un changement d'attitude. Avant de s'occuper des enfants à « Nuestro Hogar », elles ont une préparation à l'Institution. Là, elles acquièrent l’aptitude et les connaissances de base pour s’occuper des enfants avec respect. Lorsqu’elles peuvent se débrouiller seules avec les enfants, elles assistent aux réunions d’équipe, aux réunions hebdomadaires de leur secteur de travail ainsi qu’à la réunion mensuelle de formation de tout le personnel. 8) Quels sont les résultats ? Combien d'enfants avez-vous pris en charge jusqu’à maintenant à « Nuestro Hogar » ? Nous avons actuellement 12 enfants à « Nuestro Hogar ». Leur bonne santé et leur joie de vivre sont pour nous le meilleur des témoignages. Quant aux 15 enfants retournés chez eux, leur enthousiasme, l’expression de leur tendresse et de leur affection ont étonné les familles et favorisé leur réintégration. Les parents avaient le souvenir d’enfants dont ils ne savaient que faire et ont retrouvé des enfants plein de vie qui ont réussi à réveiller chez eux l'intérêt d’apprendre à les traiter comme des personnes et non comme des objets. Le personnel formé par AMI a aussi beaucoup soutenu les familles et continue à les accompagner. 9) Comment sont financés AMI et « Nuestro Hogar »? La Fondation « Amigos de la Vida » a été créée en 2003. La maison d’accueil des enfants « Nuestro Hogar » a été construite et équipée avec les ressources des fondateurs, qui continuent à couvrir eux-mêmes une partie des frais de fonctionnement. Le financement est exclusivement privé grâce au support des associations « “Graine d'Affection” Suisse » et « “Graine d'Affection” France » qui collectent les dons d'un large réseau de particuliers et d'entreprises privées. Si vous souhaitez faire partie de ce réseau, vous pouvez nous contacter à: ami@fundacionami.org.ec 10) La Stimulation Précoce aurait des effets positifs chez les enfants, l’utilisez-vous à « Nuestro Hogar » ? La Stimulation Précoce regroupe des techniques destinées à stimuler les capacités des enfants dès le jeune âge pour qu'ils acquièrent aussi vite que possible des compétences qui font la fierté des adultes. Nous ne partageons pas ce point de vue. Nous avons confiance en la sagesse de l'organisme, en la façon dont la nature a déterminé les processus de développement. Les conséquences de la Stimulation Précoce sont graves. En forçant un enfant à « dépasser » son processus naturel pour répondre aux attentes d'un adulte, on supprime ses mécanismes d'interaction avec l'environnement, ce qui peut entraîner l'ennui, des difficultés à se concentrer et le manque de créativité. Tout cela peut provoquer beaucoup de souffrance. Un enfant a le sentiment d'être accepté et aimé si les adultes qui s’occupent de lui essaient de le comprendre et ne le forcent pas à faire ce qu'il n'est pas encore prêt a faire comme changer de position, s'asseoir, marcher, manger tout seul ou parler. 11) Cette façon de travailler est nouvelle, est-ce que d'autres Institutions utilisent de telles méthodes ? Oui, cette façon de travailler s’inspire du travail réalisé à l’Institut Emmi Pikler de Budapest en Hongrie, créé il y a plus de 50 ans et d'autres Institutions en Europe, en Amérique de Sud et en Asie ont aussi adopté ces méthodes. En Equateur, il y avait eu une expérience très importante sur l’approche de l’éducation par le biais d'activités autonomes et spontanées d'enfants et d'adolescents. Les fondateurs d’AMI participaient à cette expérience et s’en sont aussi inspiré pour le travail de la Fondation AMI. 12) Les enfants à « Nuestro Hogar » profitent d'une attention vraiment adaptée, n’avez-vous pas peur de les habituer à un traitement qu'ils n'auront sans doute plus dans leur famille où les habitudes familiales et la situation économique sont différentes ? Beaucoup de personnes qui sont venues nous rendre visite nous ont fait de telles remarques : « Les enfants sont très bien ici, ils sont joyeux, l'environnement a été créé pour eux, mais ils ne seront pas traités de la même façon quand ils vont retourner chez eux, que va-t-il se passer ? » Devons-nous maltraiter les enfants pour mieux les préparer à vivre dans le monde extérieur ? N'ont-ils pas été déjà suffisamment maltraités ? Nous ne voyons pas les choses de cette façon et nous pensons, au contraire, que ce que l’enfant aura connu ici lui permettra de choisir la façon dont il voudra vivre plus tard. Un enfant maltraité par sa mère, sa famille ou l'école ne peut pas faire ce choix. Il ne sait pas donner car il n’a rien reçu. S’il a été humilié, violenté, abandonné, que peut-il donner aux autres ? 13) Est-ce que la relation de l'Institution avec la famille se termine quand l’enfant rejoint sa famille ? Le moment où l'enfant rejoint sa famille est une des étapes les plus importantes de notre travail. C’est le moment des retrouvailles entre des êtres différents et des personnalités différentes. C’est alors que toutes la force et les expériences vécues par l'enfant deviennent importantes pour faciliter la coexistence. C’est une réelle épreuve pour l'adulte qui perçoit et comprend que le succès de cet acte d'amour dépend aussi de lui. De son côté, l'institution fait confiance, respecte et accompagne ce « nouveau départ ». Les familles savent qu’ils peuvent compter sur la fondation AMI c’est nécessaire éventuellement jusqu'à la majorité de l'enfant. Notre présence et la confiance qu’ils ont en nous les aident dans les moments d’instabilité qui peuvent survenir comme dans tout processus de construction. .Nous essayons toujours de ne pas influencer leurs décisions tout en veillant à la sécurité et à la sérénité de l’enfant et de toute la famille. 14) Tous les enfants rejoignent-ils leurs familles ? Pour certains enfants, malgré tous nos efforts et toutes nos recherches, nous ne trouvons aucun membre de la famille. Nous faisons alors les démarches nécessaires auprès des tribunaux pour enfants afin de bâtir un projet d'adoption. Nous préférons une adoption à l’envoi dans une autre Institution car elle permet d’offrir aux enfants plus de stabilité, d’attention et d’affection. Les liens affectifs à long terme sont renforcés et les enfants peuvent avoir une vie sociale normale. 15) Est-ce que AMI collabore avec d’autres Institutions ? Nous collaborons avec d’autres associations en Equateur et dans d’autres pays. La fondation AMI fait partie d'un réseau d’ONGs et travaille avec les « Centres pour l'équité et la justice » de la municipalité de Quito. Nous participons à diverses réunions et activités avec des institutions gouvernementales afin de définir des projets et des stratégies pour les groupes vulnérables de la société comme les enfants victimes de maltraitances et de violence ou les enfants handicapés. Nous contribuons avec quelques Institutions nationales à des consultations, des conférences, des ateliers et des séminaires dont l’objectif est de s’occuper des enfants et des familles de façon responsable et chaleureuse. Nous sommes aussi en relation avec des institutions qui s'occupent d'adolescents et qui accueillent certaines mamans dont les enfants sont à « Nuestro Hogar ». La fondation AMI est un membre actif de l’« Association International Pikler (lóczy) » AIP(L) et participe, depuis cette année, au Forum International. Elle fait partie du groupe de travail sur l'attention aux enfants en Institution. Nous échangeons fréquemment des expériences avec d’autres professionnels d'Amérique de Sud et du monde. Nous sommes très proches des associations « “Graine d’affection” » Suisse et « “Graine d’affection” » France qui nous donnent leur soutien financier. Nous avons aussi le support de « “une option de plus” » et de la « Fondation voyageurs du monde” ». Notre travail avec les enfants est basé sur un ensemble de pratiques et de recherches qui soulignent l'importance du respect des lois que la nature a établies pour rendre possible notre existence en tant qu’être humain.Notre vie se construit grâce à l’interaction de notre organisme avec son environnement. Nous venons au monde avec un programme défini et une grande variété d’outils qui nous permettent de vivre. Il y a de plus en plus de recherches sur le « programme interne ». Ce programme est inscrit dans notre structure génétique et nous permet, comme à d’autres organismes moins complexes, de comprendre, d’évaluer et de faire des choix pour sélectionner, au sein de notre environnement, ce dont nous avons vraiment besoin pour nous développer. Les lois de la nature ont abouti, après des millions d'années, à cette capacité de chaque organisme vivant de se construire lui-même en relation étroite avec son milieu. Dès la fécondation, l'organisme humain commence sa propre construction. Les fonctions de chaque cellule de notre corps, de chaque organe, de chaque tissu, possèdent ce même mode d’expression de la vie : la croissance et le développement en accord avec sa propre structure et en interaction avec son environnement. La neurobiologie, la psychologie génétique ainsi que d’autres sciences contribuent à comprendre cette logique vitale des êtres humains et nous guident pour organiser un environnement adapté à la petite enfance et faciliter le processus de guérison et de réinsertion familiale et sociale. Chaque étape du développement humain a ses propres spécificités et requiert des conditions particulières pour une maturation saine et adaptée. De nouvelles structures, nécessaires à la conscience sont créées comme le montre notre cerveau triunique avec ses trois zones, la zone réticulée, le système limbique et le néocortex avec leur rôle et leur période de maturation spécifiques. Elles sont en interaction constante pour le développement de l'intelligence et des compétences. À l'intérieur du ventre maternel, le nouvel être met autour de 40 semaines pour mettre en place tout ce dont il a besoin, tant au point de vue organique que fonctionnel, pour fournir l’énergie nécessaire aux transformations qui l’attendent. Lorsque tout est prêt, l’accouchement commence et le système réticulé qui contrôle le système métabolique du bébé se met alors en marche. Les gênes des parents ont un rôle dans le développement in-utéro mais celui-ci peut aussi être affecté par un certain nombre de problèmes comme le désir ou le rejet de l’enfant à naître, les émotions de la mère et l’estime qu’elle se porte ou encore sa consommation de cigarettes, d’alcool ou de drogues. Tout cela a une grande influence sur l’apport de nutriments à l’organisme de l’enfant. Dès cette période, les structures en développement sont marquées par l’environnement et ces premières marques réapparaîtront tôt ou tard dans la vie. Un certain nombre de maladies psychosomatiques, cardiaques, d’allergies, de maladies en relation avec la mémoire, de maladies de Parkinson ou d'Alzheimer pourraient trouver leurs origines à cette période. Au moment de la naissance, l'organisme procède à l’élaboration des autres zones du cerveau avec le système limbique chargé de l’activité et le néocortex. Le nouvel être est alors prêt à découvrir son environnement avec sa bouche, ses mains et tout son corps. Il se construit lui-même à partir de son programme interne et en interagissant avec son environnement qui lui fournit ce qui lui est nécessaire pour rester en bonne santé. La maturation du système limbique, qui se poursuit jusqu’à 7 à 8 ans, est une conséquence des activités sensorielles et motrices de l'enfant et du sentiment de se sentir accepté et aimé. Toute interférence ou stimulation est une ingérence dans l'apprentissage personnel de l'enfant et entraînera de grandes difficultés. L’inhibition des mécanismes de stimulation personnelle obligera l'organisme à fonctionner en dessous des niveaux requis pour son équilibre biochimique et organique. Il aura alors recours à des mécanismes de défense par la production d’endorphines, substances qui suppriment la souffrance provoquée par l’autorité et l'affection conditionnée des adultes. L’enfant devient alors vulnérable à la consommation de drogues extérieures à son propre organisme. L’interférence conduit aussi à l’hypo ou l’hyperactivité, à l’ennui, au manque de concentration et d'initiatives et nuit aux intérêts personnels et à la santé de l’enfant. Plus tard, toute tentative de stimulation de l'enfant augmentera les difficultés en forçant l'enfant au lieu de favoriser une relation profonde, affectueuse, chaleureuse et pleine de compréhension. La maturation du néocortex, qui se poursuit jusqu’à 18 à 20 ans, manquera alors de bases solides pour aider l’enfant à comprendre le monde qui l’entoure et les interconnexions en jeu. Des difficultés apparaîtront à la puberté et l'adolescence, ces périodes de transition où l'organisme doit se libérer pour permettre de nouvelles constructions. Si on ne réussit pas cette étape importante, toute l’énergie de l’organisme sera utilisée pour arrêter la souffrance au lieu de servir à la construction de sa nouvelle vie. Ces mécanismes de défense peuvent s’installer de façon définitive si l'environnement ne change pas. Si on ne respecte pas le rythme, les goûts, les sentiments et les capacités motrices d’un enfant, si on s’en occupe comme d’un objet qu’on pose quelque part, qu’on manipule, qu’on fait manger …, il ne deviendra pas autonome. A force d’exigence, de pression ou de chantage, l’enfant peut devenir un étudiant brillant qui fera la fierté de son entourage mais les conséquences apparaîtront tôt ou tard. Nous connaissons tous des personnes intellectuellement brillantes mais qui ont des difficultés avec les réalités concrètes de la vie de tous les jours. Bien sûr, l’enfant ne peut pas se développer sans règles ni limites. La nature elle même se développe dans des limites bien définies qu’il faut respecter pour survivre. Les règles et les limites sont les bases d’une coexistence harmonieuse de la nature comme des êtres humains. Elles permettent de regarder au-delà de soi et de découvrir les avantages de tenir compte des autres. Les punitions, au contraire, sont imposées arbitrairement et renforcent l'égocentrisme, la révolte et la violence. Les personnes qui ont envie de s’occuper des enfants doivent, en plus des connaissances théoriques, comprendre les différentes étapes du développement. Elles doivent connaître les besoins des enfants et la façon de contribuer à les satisfaire. Pour cela, elles doivent avoir, dès le départ, l'ouverture d'esprit et la volonté de changer leur attitude. Si ce sujet vous intéresse, nous vous suggérons de lire ces auteurs: |
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